6 Août 2010    
Cérémonie commémorative de la Bataille de 1870 Reichshoffen

 

 

DNA le 11/08/2010 04:08

Reichshoffen / Commémoration de la charge des cuirassiers

Il y a 140 ans

     De nombreuses personnes se sont réunies, vendredi, devant le monument du centenaire, route de Froeschwiller à Reichshoffen, pour commémorer le 140e anniversaire de la charge des cuirassiers du 6 août 1870.     Les participants ont été accueillis par Gilbert Wendling, président cantonal du Souvenir français, et au son de « Cuirassiers » joué par la musique municipale. Lors de son allocution, Gilbert Wendling a rappelé l'inauguration de ce monument du centenaire, en 1970, par Michel Debré alors ministre de la Défense du gouvernement Pompidou. Il a ensuite fait un émouvant rappel des circonstances de la déclaration de la guerre et de la bataille de Froeschwiller, dite de Reichshoffen, terminant ainsi, à l'adresse des jeunes générations : « Il n'est pas de respect s'il n'est pas de mémoire, il n'est pas de mémoire si l'on oublie l'histoire ».

Rapprochement des peuples allemand et français

      Ces propos ont été repris par le maire de Reichshoffen, Hubert Walter, qui a élargi le discours aux tentatives de rapprochement des peuples allemand et français dès 1910, il y a tout juste un siècle. Après un duo de trompettes, Justin Guébert a lu un passage du « Journal d'un officier de turcos de 1870 ».
 C'est à ce moment qu'une colonne de fumée s'est élevée venant de Froeschwiller et, presque en même temps, les trompettes ont sonné la retraite. Au milieu d'une canonnade fournie, semblant venir du champ de bataille, une ambulance tirée par deux chevaux a traversé l'esplanade du monument traînant à sa suite un cortège de blessés.
 Justin et les enfants du conseil municipal des enfants ont raconté les suites de la bataille, la transformation du château, de l'église et des écoles en hôpitaux de fortune. Le récit était tiré des souvenirs que le comte Paul de Leusse, alors maire de Reichshoffen, racontait à ses enfants. Ce récit fut transcrit par l'un d'eux, Guy de Leusse, plusieurs années plus tard.
 Mireille Huncker, déléguée générale du Souvenir français du Bas-Rhin, a remis un diplôme à Gérard Enger « pour son indéfectible engagement comme porte-drapeaux ».

Projection du film réalisé par les élèves de 4e du collège Mac-Mahon

      Après le vin d'honneur, les participants ont été conviés à la projection du film réalisé par les élèves de 4e du collège Mac-Mahon de Woerth « Mohamed Ben Mansour : mémoires d'un turco oublié ».
 Philippe Tomasetti, professeur d'histoire dans le même collège, a présenté le devoir de mémoire à travers des monuments érigés après la guerre de 1870 et leur devenir au cours des deux conflits mondiaux selon qu'ils étaient détruits ou reconstruits. Il a signalé que le tout dernier monument érigé était celui « du centenaire » à Reichshoffen, volonté du député-maire François Grussenmeyer.

 

 

 

DNA   Vendredi 6 août 2010. Projection d'un film documentaire en avant-première de « Mémoires d'un turco oublié », suivie d'une conférence sur « Le champ de bataille du 6 août 1870 : 140 ans de mémoires », à partir de 20 h 30 à la Castine de Reichshoffen.

Sur les traces d'un turco oublié

     Dans le cadre des commémorations du 140e anniversaire de la bataille du 6 août 1870 (lire l'encadré), un film documentaire sur le turco Mohamed Ben Mansour, réalisé par des élèves du collège de Woerth, sera diffusé en avant-première vendredi à la Castine de Reichshoffen.   Fruit de plus d'une année de travail, ce projet réalisé en cours de Langue et culture régionales (LCR) par la classe de 3e4 du collège Woerth retrace sous forme de docu-fiction ce qui a sans doute été la vie de Mohamed Ben Mansour, tirailleur algérien qui participa à la bataille du 6 août 1870 et dont la tombe est toujours visible au cimetière de Wissembourg.

La projection de ce film sera suivie d'une conférence

      Il est d'ailleurs le seul « homme du rang » dont subsiste aujourd'hui la sépulture, tous les autres corps ayant été regroupés dans des fosses communes. Cette tombe a même été reprise par le dessinateur colmarien Hansi qui l'a fait figurer dans son album Mon village.
 C'est à partir des témoignages autobiographiques de militaires et d'habitants de la vallée de la Sauer retraçant la bataille et les mois qui la suivirent que les élèves ont pu rendre la parole à ce soldat oublié dont le nom a même été déformé progressivement au fil du temps : son nom de Ben Mansour ayant en effet été transformé en Ben Benzour sur la stèle qui figure aujourd'hui au cimetière de Wissembourg. Illustré de plus d'une centaine de gravures et de dessins d'époque, ce court métrage de 25 minutes intitulé Mémoires d'un turco oublié comporte également des reconstitutions filmées et jouées par les élèves qui se sont particulièrement impliqués dans ce projet.
 En plus de l'aide de leurs professeurs d'arts plastiques et d'histoire, ils ont eu la chance de pouvoir profiter des conseils avisés de Jean-Marie Fawer, réalisateur et documentariste, à qui l'on doit entre autre le film C'est nous les Africains, qui retrace le sort des tirailleurs africains qui libérèrent l'Alsace entre 1944 et 1945. Quant à l'avenir du documentaire réalisé par les élèves de Woerth, il semble déjà tout tracé : la communauté de communes Sauer-Pechelbronn a en effet décidé de l'intégrer dans son projet d'itinérance numérique qui consiste en une visite guidée du champ de bataille du 6 août 1870 par Internet et téléphone mobile - projet qui est actuellement en cours de finalisation.
 La projection de ce film sera suivie d'une conférence de Philippe Tomasetti, professeur d'histoire de ces élèves de Woerth, qui évoquera la manière dont a été organisé le souvenir et la mémoire des combats du 6 août 1870 depuis près de 140 ans, en retraçant l'érection des différents monuments commémoratifs et l'histoire des principaux acteurs du souvenir de ces combats.

DNA 03/08/2010